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Portrait de chercheuse : Sarah Bonnet, la « ticologue » qui anticipe les épidémies de demain

Portrait de chercheuse : Sarah Bonnet, la « ticologue » qui anticipe les épidémies de demain

On les associe souvent à de simples désagréments de fin de randonnée, mais les tiques représentent un enjeu de santé publique majeur. À l'intersection de la recherche de terrain et de la biologie de pointe, Sarah Bonnet consacre sa carrière à l'étude de ces acariens hématophages.

De retour à l'Institut Pasteur dans le cadre d’un partenariat d’envergure internationale avec l'INRAE, cette entomologiste médicale et vétérinaire (ou « ticologue ») décrypte les mystères d'un vecteur de maladies encore trop méconnu.

Le premier vecteur de maladies chez l'animal et l'homme dans l'hémisphère Nord

Si les moustiques captent souvent l'attention médiatique dans l’hémisphère Sud, les tiques sont, au Nord, le principal vecteur d'agents pathogènes. Il existe environ 900 espèces de tiques dans le monde, dont plus de 40 rien qu'en France.

Contrairement aux moustiques qui volent et s'installent directement dans les zones urbaines denses, le rapport de la tique à l'humain est différent :

« Les tiques sont présentes principalement dans des espaces sauvages et c’est l’homme qui pénètre dans leur biotope », explique Sarah Bonnet. L’humain n'est en réalité qu'un hôte accidentel.

Cependant, la donne est en train de changer sous l'effet des bouleversements climatiques et sociétaux.

Changement climatique et végétalisation : les nouveaux risques

Le réchauffement global redessine la carte d'implantation des parasites. Des espèces habituées aux climats arides migrent vers le nord.

L'exemple de Hyalomma marginatum : Cette tique, qui apprécie les longs étés chauds, est désormais implantée dans le sud de la France. Originaire d'Afrique et du Moyen-Orient, elle peut transmettre le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, une maladie létale dans 10 % à 40 % des cas chez l'homme, et pour laquelle il n'existe aucun vaccin.

Le défi des villes vertes : L'urbanisme moderne pousse à la végétalisation (création de coulées vertes connectant campagnes et centres-villes). Si l'initiative est excellente pour réguler la chaleur, Sarah Bonnet appelle à la vigilance : il faut concevoir ces espaces en évitant de créer des corridors pour la faune sauvage porteuse de tiques ou des gîtes à moustiques.

Innover pour mieux surveiller : le projet de biomarqueur

Pour cartographier précisément les risques de transmission, les collectes de tiques sur le terrain ne suffisent plus. Sarah Bonnet travaille donc sur une solution innovante : un marqueur biologique de l'exposition.

L'objectif ? Une simple prise de sang.

En analysant le sang d'un humain ou d'un animal, la détection d'anticorps spécifiques permettra de valider si le sujet a déjà été piqué par une tique et, idéalement, de déterminer l'espèce en cause. Ce projet est actuellement développé à l'échelle internationale (notamment au Cambodge et au Japon) via le consortium PICREID.

L'approche "One Health" : Unir les forces à l'international

Face à la complexité des maladies vectorielles, Sarah Bonnet prône une approche "One Health" (Une seule santé), qui interconnecte la santé humaine, animale et environnementale.

pour aller plus loin, je vous conseille le visionnage des vidéos suivantes :

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