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Changer de regard sur l'abandon : du discours culpabilisant à la seconde chance

Alice Mignot
Frédéric Arnault

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​Chaque été, le même marronnier médiatique refait surface : un discours hyper-culpabilisant sur l'abandon des animaux. On nous donne à voir des affiches poignantes, des images de chiens attachés au bord de la route, fixant le véhicule de leur propriétaire qui s'éloigne. Ce ton moralisateur se retrouve partout, des campagnes de sensibilisation aux documentaires animaliers.

​Malheureusement, cette culpabilisation s'invite jusque dans les refuges qui accueillent les propriétaires. On pointe du doigt des personnes pourtant confrontées à de réelles détresses : des changements de situation, des accidents de la vie, des déménagements ou des divorces qui rendent la cohabitation avec l'animal soudainement impossible.

​Sortir du blâme pour comprendre les accidents de la vie

​Il est temps de s'interroger : pourquoi notre société s'obstine-t-elle à stigmatiser ces propriétaires ? Mon objectif n'est en aucun cas de les blâmer. Je connais la réalité des difficultés de l'existence, la lourdeur de la charge et le sentiment d'impuissance face à une responsabilité devenue trop lourde à assumer.

​Plutôt que de parler d'« abandon », un terme qui jette l'opprobre sur toute une partie de la population sans jamais offrir de solution, nous devrions parler de repositionnement ou de relais au sein de la société.

​L'abandon ne doit plus être systématiquement perçu comme un échec absolu, mais plutôt comme une opportunité offerte à l'animal de poursuivre sa route dans de meilleures conditions.

​Le refuge comme passerelle vers une nouvelle vie

​Nous avons la chance de pouvoir compter sur un réseau de refuges et d'associations de protection animale. C'est là que réside notre responsabilité collective. Ces structures volent au secours des chiens pour leur offrir une seconde chance :

​Un nouveau départ : Permettre à l'animal de trouver un foyer aimant.

​Une vie souvent meilleure : Offrir une seconde partie de vie qui s'avère bien plus épanouissante et adaptée que la première.

​Le risque zéro n'existe pas. Il y aura toujours des situations imprévisibles et des cohabitations qui deviennent impossibles. Le nier est une erreur.

​Anticiper et responsabiliser plutôt que culpabiliser

​Pour faire progresser le débat, le discours moralisateur doit céder la place à des actions concrètes de prévention. La clé de la réussite réside dans l'accompagnement en amont.

​Conseiller avant l'achat ou l'adoption : Guider les futurs acquéreurs pour éviter les erreurs de casting.

​Mettre en avant l'investissement : Sensibiliser de manière réaliste aux exigences financières, de temps et d'énergie qu'implique l'arrivée d'un animal.

​Le discours culpabilisant actuel ne fait pas avancer la cause animale. En changeant de paradigme — en passant de la honte à la responsabilité partagée — nous offrirons de bien meilleures perspectives à nos compagnons à quatre pattes.

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Alice Mignot
Autrice
Frédéric Arnault
Auteur

Après une formation auprès de Michel Chanton, éthologue, je me suis installé en 2003 dans le Puy-de-Dôme.
J’interviens auprès des propriétaires de chien en leur proposant une aide sous la forme de rendez vous individuels, puis le cas échéant en groupe dans une démarche socialisante.  Aujourd’hui, je suggère en plus une intervention le plus tôt possible dans la vie du chien. L’école du chiot est un service de socialisation quand l’animal a entre deux et six mois afin de favoriser son intégration dans la société et surtout de renforcer son apprentissage des codes de son espèce.Par ailleurs, j’offre un service de garde dans un environnement naturel où sont proposées des balades en forêt.

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