
Quand j’ai quitté la maison familiale, j’ai découvert le silence et surtout le vide. Issue d’une famille nombreuse, j’avais toujours connu l’effervescence, une maison remplie de frères et sœurs et de nombreux animaux. C’est donc presque naturellement qu’Al Capone un dalmatien, mon premier chien à moi, est entré dans ma vie.
C’est lui qui m’a fait comprendre qu’un animal ne comble pas seulement la solitude : il crée un foyer, une famille.
Je n’étais plus seule, je comptais pour quelqu’un, j’étais responsable de quelqu’un. Et sans m’en rendre compte, ma vie a changé. Mes journées, mes choix, mes priorités se sont organisés autour de lui. Il m’a reconnectée à l’essentiel : la nature, les balades, les saisons qui passent. J’ai redécouvert le monde avec lui. Sans même m’en rendre compte, il m’a appris à donner sans compter et à parfois m’oublier un peu pour lui offrir plus.
Et puis un jour le temps s’est accéléré. La maladie est arrivée, l’inévitable aussi.
Et quand il est parti quelque chose en moi s’est effondré. J’ai perdu l’envie de sortir, de me promener, de vivre seule cette vie qu’on vivait à 2.
Al Capone, tu as été mon premier fils, tu as comblé un manque que je ne comprenais même pas encore.
Le jour où tu es parti, j’ai compris ce que signifiait vraiment perdre quelqu’un. Depuis toi, ma vision de la vie n’a jamais été tout à fait la même.
Et puis on se décide à écrire un nouveau chapitre, on fait une autre rencontre. Je voulais que ce soit différent et que je ne puisse pas faire de comparaison. J’ai donc pris un chien complètement à l’opposé d’Al Capone, Jeronimo dit Momo un bulldog anglais. On peut dire que je n’ai pas été déçue et que j’en ai eu pour mon argent !
Avec Momo, rien n’était simple. Rien n’était acquis, il a fallu apprendre. J’avais eu un chien exemplaire, j’ai découvert ce qu’était une tempête.
C’est à ce moment-là que Fred, ses compagnons à quatre pattes et la méthode Chien Malin sont entrés dans ma vie, comme si quelque chose, au fond de moi, savait que j’allais avoir besoin d’aide !
Momo m’a fait découvrir l’intensité, la malpropreté et le lâcher-prise sur les choses matérielles ; que tout devait être rangé sous peine de chaos, que tout se mangeait même les décodeurs télé… Il m’a également fait découvrir la fatigue, le doute et même l’envie de tout abandonner…
Avec l’aide de Fred, j’ai appris à l’observer, à écouter autrement, à m’adapter. À comprendre qu’une relation, ça se construit vraiment. Et c’est avec Momo que j’ai découvert ce qu’était réellement une connexion.
Parce que tu ne voulais jamais me quitter, j’ai appris à tout faire avec toi : sortir, travailler, voir des amis, faire les courses, dormir... Tout tournait autour de toi, même nos vacances se sont organisées pour que tu puisses découvrir le monde avec nous. Pendant 9 ans, je n’ai plus jamais été vraiment seule, même sous la douche ! Il fallait toujours que tu sois là, au plus près de moi. Tu étais mon ombre, mon double, une partie de moi. Tout était devenu « nous ».
Et puis, une nouvelle fois, le temps nous a rattrapés. La maladie aussi… J’ai cru que je serais incapable de te laisser partir, de vivre sans toi. Mais c’est toi qui m’as fait comprendre que le véritable amour c’est faire passer l’autre avant soi. Que le geste d’amour ultime, c’est de dire au revoir même si on n’est pas prêt à le faire pour abréger les souffrances de l’autre.
Très vite est arrivé un autre chapitre. Et je me suis découvert un petit côté maso : cette fois ci je voulais que l’histoire ressemble à la précédente et j’étais tombée amoureuse de la race, le bulldog anglais fera toujours partie de notre vie.
Mais le destin m’avait réservé une autre histoire. Une histoire beaucoup trop courte qui gardera un goût d’inachevé.
Il y avait chez Rocky quelque chose de différent, une sensibilité à fleur de peau, une fragilité.
Au fond de moi, j’ai toujours su que le temps serait compté. Je crois que c’est pour ça que je l’ai aimé aussi fort et aussi vite. Comme si j’essayais de retenir ce qui m’échappait déjà.
J’ai voulu le protéger de tout. J’espérais que mon amour suffirait à faire fuir les gros nuages que je voyais au loin, que cela suffirait à le sauver.
Comme un signe, la première crise a eu lieu pour le premier anniversaire de la mort de Momo… 2 mois après tu n’étais plus là et le pire c’est que tu es parti seul, sans moi… Ton départ a laissé une déchirure, une colère sourde, une injustice que je n’arrive pas à accepter aujourd’hui encore.
Rocky, tu m’as appris l’essentiel dans le peu de temps que tu avais. Que la vie n’attend pas. Qu’elle ne se mesure pas en années, mais en intensité et que la durée ne fait pas la valeur d’un lien.
Il m’aura fallu un peu de temps, mais aujourd’hui un nouveau chapitre s’écrit, et la vie continue avec vous, Sunset et Archie.
Vous êtes là pour continuer, pour écrire la suite. Vous n’êtes pas arrivés par hasard. C’est Rocky qui vous a littéralement mis sur mon chemin.
J’ai mis du temps à réellement m'attacher mais j’ai plongé de nouveau ! Je découvre et j’apprends encore une fois.
Nous avions découvert Sunset quand nous sommes allés chercher Rocky dans son élevage, nous étions alors très loin d’imaginer que cette petite chienne timide ferait un jour partie de notre famille
Sunset découvre donc la vie de chien de famille après avoir eu une première vie de reproductrice. Un nouveau défi qui nous apprend la patience, les petites victoires du quotidien, la confiance.
Avec Sunset il y a Archie, un fils de sa dernière portée. Nous ne voulions plus de chien unique et Sunset avait bien besoin d’un soutien émotionnel pour son changement de vie, c’est pourquoi nous avons décidé d’accueillir un de ses fils avec elle afin de rendre la transition plus douce. Archie est un petit chien parfait, un petit clown qui nous fait rire au quotidien, la joie de vivre incarnée, celui qui rend tout plus doux.
Nous avons surtout enfin écouté Fred et son « un chien c’est bien, deux chiens c’est mieux ! » et une fois de plus il avait raison ! J’appréhendais beaucoup cette double arrivée, cette double responsabilité et en fait c’est très facile au quotidien ; plus facile même qu’un chien unique, sans parler de la double dose d’amour.
Sunset et Archie sont la preuve que l’histoire ne s’arrête jamais vraiment, que la capacité à aimer est infinie.
On croit que ce sont “juste des chiens”.
Mais en réalité, ils nous apprennent à aimer comme peu d’humains en sont capables.
Un amour entier, inconditionnel : l’amour avec un grand A.
Ils nous accompagnent tous les jours, ils égayent notre quotidien, ils sont cette présence réconfortante dans les moments difficiles, ce repère dont on a besoin.
Ils s’en remettent à nous et mettent toute leur vie entre nos mains, pour un sourire, une caresse, une marque d’attention ou d’affection. Qu’importe qu’on soit beau, moche, riche, pauvre, gentil ou méchant, pour eux nous sommes "tout", nous sommes leur monde.
Et quand ils partent, ils emportent une partie de nous. Parce que certains vides ne se comblent jamais.
Mais ils laissent aussi quelque chose de plus grand encore.
Ce n’est pas pour rien qu’on dit de vous que vous êtes le meilleur ami de l’homme. Merci à vous mes meilleurs amis, passés, présents et à venir.
Jennifer
